C’est sous une belle journĂ©e ensoleillĂ©e d’hiver que le calendrier de l’ADN s’est ouvert avec son incontournable sortie sur lâidentification des traces.
En effet, une cinquantaine de personnes ont fait le déplacement pour assister à cette manifestation.
AprĂšs une brĂšve prĂ©sentation d’Ă©chantillons de cranes, bois de cerf et chevreuil, ainsi que des moulages d’empreintes recensant les animaux susceptibles dâĂȘtre aperçus en forĂȘt d’Ecouves , nous avons pu aller enquĂȘter sur le terrain.
TrÚs vite, les jeunes enfants présents se sont pris au jeu de la recherche des indices.
Cette sortie avait lieu sur la parcelle 334 le long de la D2, entre Livaie et Cuissai. Elle fut assez riche en découvertes.
Grace aux explications de StĂ©phane Bouet, nous avons appris Ă faire la diffĂ©rence entre les excrĂ©ments de chevreuils appelĂ©s « moquette » et ceux du cerf et de la biche appelĂ©s « les fumĂ©es » mais aussi d’observer les traces laissĂ©es par ces diffĂ©rents animaux lors de leurs passages.
Moquette Chevreuil (bas) et fumée de biche
Des poils de biche et de chevreuil ont Ă©galement Ă©tĂ© trouvĂ©s. A la vue de traces de chien, l’occasion s’est prĂ©sentĂ©e de faire la diffĂ©rence avec celle du renard bien qu’elles soient ressemblantes, la position des coussinets est diffĂ©rente. Des excrĂ©ments de sanglier passĂ© peu de temps avant ainsi que quelques plumes ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©couvertes, celles d’un pigeon ramier et plusieurs petites plumes jaunes qui n’ont pas Ă©tĂ© identifiĂ©es.
Nous avons pu aussi dĂ©couvrir le long des sentes empruntĂ©es par notre faune locale des « frottis » de chevreuils sur le tronc de jeunes hĂȘtres. LâĂ©corce est rayĂ©e ou dĂ©tachĂ©e jusquâĂ 1 m de hauteur et laisse des cicatrices quelque fois anciennes provoquĂ©es par le frottement de ses bois ; au-delĂ de cette hauteur, câest plutĂŽt le cerf qui en est lâauteur.
Sur ces mĂȘmes parcours, nous avons observĂ© des ronces « abrouties ». Les feuilles des jeunes pousses ont disparu, arrachĂ©es plutĂŽt que sectionnĂ©es par les chevreuil, biches et cerfs, laissant le pĂ©tiole et une cicatrice caractĂ©ristique des cervidĂ©s.
Les houx en bordure de ces sentes frĂ©quentĂ©es deviennent buissonnant, comme taillĂ©s par la main de lâhomme dignes dâun art topiaire, au lieu de croĂźtre en arbuste. Eh ! Bien non, câest encore le « travail » de cervidĂ©s qui en cheminant cueillent et se nourrissent des parties sommitales, trĂšs tendre, et confectionnent de vĂ©ritables sculptures vĂ©gĂ©tales.
Ces jeunes pousses de houx comme celles des ronces sont nutritives et participent Ă lâalimentation de ces herbivores, surtout en pĂ©riode hivernale oĂč lâherbe et les graminĂ©es se font plus rares.
Toutes ces « petites traces » sont les témoins de présences et passages au fis du temps.
CâĂ©tait vraiment une belle sortie, bonne ambiance et Ă©changes agrĂ©ables. Seule ombre au tableau, des tirs incessants dus Ă la chasse qui ont obligĂ© le groupe Ă changer de secteur pour la sĂ©curitĂ© de tous . Nous avons aussi malheureusement trouvĂ© beaucoup de dĂ©chets. « Traces » laissĂ©es par l’homme et dont nous nous serions bien passĂ©s. Un couteau certainement perdu d’un panier lors des cueillettes de l’automne, une bouteilles, des vĂȘtements etc….
Gardons plutĂŽt comme souvenir celle d’une belle sortie ensoleillĂ©e et constructive avec StĂ©phane Bouet et de personnes passionnĂ©es de nature.
C’est avec une boisson chaude et des petits gĂąteaux faits maison que cette sortie s’est achevĂ©e.
Texte Stéphane Bouet et Erick Dorizon clichés C Churin.
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